La clé ou « maxime de bonheur » pour les éduquer à la persévérance et au sens de l’effort :

Tu seras heureux si tu essaies de rebondir face à une difficulté !

Sacha n’est pas tout à fait un chat comme les autres car il est né sans coussinets sous les pattes. Tu sais, ces petits coussins moelleux qui protègent les chats dans leurs acrobaties les plus folles. Il ne peut donc pas sauter, bondir, rebondir comme les autres chats de son âge. C’est bien gênant pour se faire des amis… Alors au prix de gros efforts et d’une imagination débordante, il va inventer un objet magique qui l’aidera à se faire plein de copains…même les plus forts de sa classe!

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Récemment lors d’un échange portant sur la bonne santé des plantes, un jardinier me rappelait qu’une plante, arbre ou fleur, confrontée à un manque important d’eau était stimulée par cette privation et, finalement, se développait souvent mieux que les autres végétaux pourtant régulièrement arrosés. Nous avons là un bel exemple de résilience dans la nature.

Ce mot-résilience- est peu employé dans la vie ordinaire et pourtant il s’agit d’une réalité qui concerne beaucoup d’entre nous sans que, nous en soyons toujours conscients. Il s’agit de bien des façons de préparer nos enfants, pour que, s’ils ont des évènements difficiles à vivre, ce soit pour eux une occasion de rebondir et de renforcer leur résistance dans les épreuves.

La résilience est une formidable réaction de vie qui permet à la personne confrontée à une grosse difficulté, de se construire davantage au lieu d’être détruite. La résilience permet d’être de plus en plus fort face aux difficultés. Mais cela passe nécessairement par la souffrance. Bien souvent c’est grâce à l’amour reçu que le rebondissement s’effectue.

La résilience est à conquérir chaque jour. C’est un choix quotidien à poser. A l’image de Sacha qui décide jour après jour de se battre pour grimper, sauter, courir, rebondir comme les autres chats de son âge. Croire que la vie continue malgré tout, que Sacha peut être heureux malgré son absence de coussinets sous les pattes demande persévérance et courage. Quand il tombe, il se relève. Il n’y a en effet pas de résilience sans sens de l’effort. C’est la combativité de Sacha qui stimule son imagination, sa créativité, sa volonté de trouver un moyen pour « rattraper » les autres. Plus la volonté de vaincre est forte plus les actes de résilience sont spectaculaires. Et l’on va encore plus loin que tout ce que l’on aurait pu imaginer !

Tout le monde aime réussir. Personne n’aime les échecs. Mais il n’y a pas de vie sans échec. De la façon dont nous les vivons et les appréhendons dépend le résultat : Certains sont vainqueurs, d’autres restent victimes. Une difficulté, même importante peut nous conduire à faire aussi bien et même mieux que celui qui n’a pas eu de difficulté, de handicap au départ. Sacha invente un objet extraordinaire que personne ne connaissait !

La combativité est un élément extrêmement important. Ceux qui ont des difficultés deviennent beaucoup plus combattifs et réussissent souvent mieux que les autres. A cause de leur facilité, certains enfants n’ont pas conscience de la nécessité de l’effort, de persévérer, de réessayer. Ils attendent que la difficulté change toute seule et disparaisse d’elle-même. Ils refusent de se donner du mal parce qu’ils ont l’impression que devoir se battre dans la vie n’est tout simplement pas normal. Ils se disent « je ne bouge pas, je ne fais rien » au lieu de solliciter leur ardeur. Dans la vie, ces enfants risquent de moins bien réussir que ceux qui ont peu de facilité mais qui restent combattifs devant les difficultés. Ces comportements sont peut-être liés à la société de consommation dans laquelle nous vivons. Autrefois, tout demandait des efforts et c’était normal de se donner du mal.

sacha_sautEncouragez les à aller jusqu’au bout de leurs activités (et à ne pas arrêter en cours d’année). Vous pouvez aider votre enfant en lui donnant des challenges, des points de repère à viser, pas trop haut non plus pour ne pas le décourager. « Je te demande un petit progrès sur tel ou tel point ». Demander peu mais exiger que « le peu » soit réalisé. Être exigeant dans les petites choses. En revanche, si le petit progrès demandé n’est pas réalisé, lui faire assumer des conséquences désagréables. Et surtout encourager, féliciter au moindre petit progrès réalisé. Ce sont ces paroles bienveillantes qui constituent le socle d’une bonne image de soi, de la confiance en soi, et en ses parents. Monsieur et Madame Miou rappellent à Sacha ses grandes qualités de créativité et d’imagination pour l’encourager à persévérer. Faites prendre conscience à votre enfant de la joie qu’il a à vaincre une difficulté.

Toucher l’enfant dans ses faiblesses pour l’inciter à faire des progrès dans les domaines où il est moins bon. Et quand il y a un échec, chercher ensemble comment faire pour connaître la victoire. Sacha demande de l’aide à ses parents. Il a besoin d’eux. Il faut une certaine humilité pour reconnaître qu’on a besoin de l’aide des autres. Au lieu de capituler, encourager son enfant à reprendre le combat d’une autre façon (en s’instruisant des leçons de l’échec). C’est ce que font Monsieur et Madame Miaou quand ils re-motivent Sacha alors qu’il est sur le point de tout laisser tomber. Cette éducation fait partie de l’éducation affective dans le sens où l’immaturité affective se traduit par une incapacité à faire un effort, à vaincre. On ne prend pas ses responsabilités, on culpabilise l’autre, on ne se sent pas tenu de respecter ses engagements (sous réserve que ce ne soit pas trop difficile). Aujourd’hui on n’exige pas suffisamment des enfants dans l’éducation et on leur facilite trop la vie. Dès qu’un enfant est capable de faire quelque chose tout seul, laissons-le agir et faire la chose en question.

sacha_ballonJe pense qu’il est très important de leur inculquer le désir de vaincre les difficultés et non pas attendre qu’elles passent et disparaissent d’elles mêmes. Demandons ainsi à nos enfants de participer à la vie de la famille dans la maison, le jardin. Chacun doit apporter sa contribution, ex : vider la machine, mettre le couvert, ranger ses affaires. Il est normal de rendre des services et il est aussi normal de trouver que ce n’est pas drôle de rendre ses services. Eduquons-les (et nous-aussi) à dépasser le désagréable. « Oui c’est vrai, c’est beaucoup moins amusant que de jouer mais même si ce n’est pas comme tu veux, ta vie continue, allez courage! ».

Autre exemple : Maman demande à Paul de jouer dehors avec un pantalon en mauvais état pour ne pas abîmer ses beaux pantalons propres. Il n’écoute pas ou n’a pas envie, et joue dehors avec un beau pantalon. Quelques heures plus tard, quand il est l’heure d’aller à l’anniversaire d’un ami, il veut se changer. « Eh bien, non, tu ne m’as pas écouté quand je t’ai demandé de mettre un pantalon en mauvais état pour jouer dehors, tu as joué avec un de tes beaux pantalons propres, eh bien tu partiras avec ce beau pantalon que tu as sali chez ton copain. » Même s’il n’est pas content, Paul doit assumer les conséquences de ses actes et sa maman lâcher prise ! Pour leur apprendre à faire des choix.

La combativité, le sens de l’effort et la persévérance sont des qualités indispensables à cultiver chez les enfants. Pour cela, demandons-leur au quotidien de petits progrès dans des domaines qui vont leur demander de petits efforts.