Complémentarité du rôle du père et de la mère

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L’éducation est de la responsabilité des deux parents. Ils mettent en œuvre ensemble, mais chacun à sa façon, amour, autorité et beaucoup d’autres qualités qui leur sont propres et se complètent harmonieusement.

Mais attention ! Un père parfait n’existe pas plus qu’une mère parfaite.

Je vous rappellerai très succinctement, d’abord, la spécificité de l’homme et de la femme, puisque leurs rôles d’éducateurs sont le fruit de ce qu’ils sont.

Nous comprendrons d’autant mieux le rôle qui revient à chacun si nous savons qui est qui, quelles sont leurs caractéristiques propres, leurs dons, leurs qualités respectives.

Je ne vous appends rien : homme et femme sont différents ! Oui ! Et complémentaires, ce qui va permettre communion et  fécondité.

L’homme : il donne, construit, agit.

L’homme se caractérise par  la force, la puissance et l’agir. Il est plus armé pour la lutte, les combats de la vie.

Il est sollicité par ce qui lui est extérieur et il se réalise  principalement à  l’extérieur.

D’une manière générale, ses principales qualités sont le courage, l’audace et l’endurance.

Allant droit à l’essentiel, étant plus rationnel, plus rigoureux, c’est lui qui donne la loi.

Il a plus facilement le sens du réel.

La femme : elle accueille, reçoit, contemple

En règle générale, ses qualités humaines sont l’accueil, la réceptivité, la miséricorde, la consolation et la compassion.

Le domaine où se réalise la femme est l’intériorité.

Mais, du fait de sa grande sensibilité, elle est plus vulnérable sur les plans émotif et affectif.

Elle est aussi souvent intuitive.

Bien entendu, il s’agit de qualités respectives qui se trouvent chez l’homme comme chez la femme mais dans des proportions différentes.

Voyons, maintenant les rôles respectifs des deux parents, en matière d’éducation, rôles complémentaires qui découlent des qualités et aptitudes de chacun.

LA MERE

Je commencerai par la mère, car c’est elle qui a le rôle le plus important durant les premières années de la vie de l’enfant. Je parlerai ensuite du père. Ainsi nous suivons la chronologie du développement de l’enfant.

Les qualités que tout le monde attend de la mère sont : l’amour, la tendresse, la patience,  la douceur, l’écoute.

Elle écoute, console, rassure, apaise, encourage, relève, cherche à éteindre les conflits relationnels entre les membres de la famille, veille sur chacun  et sur l’unité au sein de la famille.

Sa tendresse qui est forte, complète la « force tendre» du père. Leur tendresse s’exprime en effet de façon différente.

La mère est proche de son enfant : elle le berce, le soigne, le change, exprime sa tendresse par le corps. Elle touche son enfant et lui parle pour l’éveiller à la vie ; il est très important que les mamans caressent leurs bébés, les prennent dans leurs bras, les massent éventuellement, car cela leur permet de prendre conscience de leur corps, leur confirme leur existence, favorise pour plus tard, la confiance en soi.

Mais, attention ! Il y a un écueil possible : sa tendresse peut être étouffante, son amour, captatif, possessif.

Elle doit aussi être exigeante et ferme, éviter de trop gâter son enfant, de tout faire à sa place, ce qui l’empêcherait de grandir.

Elle est présente, et en même temps elle devra s’effacer peu à peu au fur et à mesure de la croissance de ses enfants, ne pas mettre la main sur eux,  les laisser aller sur leur chemin de vie.

Enfin, c’est la mère qui crée l’ambiance de la vie de famille. Elle entretient l’amour au sein de son foyer.

La femme étant davantage  intériorisée, c’est elle, principalement, qui éduque l’intériorité de l’enfant.

LE PERE

Commençons par remarquer que l’exercice de la fonction paternelle n’est pas toujours inné et la mère a pour rôle d’aider son mari à pendre sa place de père. Quand on évoque les qualités que l’on voudrait trouver chez un père, outre l’amour, que donne aussi la mère, on trouve généralement cité, en tête de liste : autorité, force, protection.

Mais il y a aussi, et on l’oublie parfois, la tendresse, même si celle-ci diffère de la tendresse maternelle. Elle en est le complément.

Le père fait grandir en exerçant l’autorité et en donnant la loi.

Aussi, parce que l’homme est doué de force et qu’il est davantage rationnel, endurant, c’est lui qui va donner la loi (règles familiales, lois morales, etc.), les repères, les limites à ses enfants, et ceci, avec une fermeté douce. Attention, toutefois, à ne pas demander l’impossible ! Cela découragerait l’enfant.

Bien entendu, ces règles, ces limites sont établies avec la maman, mais c’est le père qui en est  le représentant, le garant. On ne discute pas ses ordres, tandis que la mère les explique. Au quotidien, elle rendra présent le père auprès de son enfant par la parole : «  Ton père a demandé…. » ou «  Ton père sera fier de toi… », etc.

Les repères sont donnés par  les pères.

La sécurisation est aussi du ressort du père. A la fois, il pousse à oser, à se lancer, et en même temps, il est facteur de sécurité.

Par ailleurs, il a mission pour s’introduire dans le duo fusionnel mère-enfant qui est indispensable les premières années, mais mortifère s’il dure au delà des premières années. Il fait sortir du cocon maternel. On l’appelle le « séparateur ». Il provoque une prise de distance et oblige à un travail de deuil. C’est douloureux, mais fructueux.

C’est donc le père qui, davantage, tournera l’enfant vers l’extérieur, qui élargira son regard, et permettra particulièrement sa socialisation, son ouverture vers le monde.

En outre, en le faisant sortir de l’indifférenciation du duo fusionnel mère-enfant, il lui permet d’acquérir son identité.

Il aide son enfant à découvrir  le don particulier qui est le sien, sa vocation.

C’est un révélateur de talents, un « cueilleur de perles » selon Annick de Souzenelle.

Il initie au combat de la vie. Il apprend à affronter les difficultés de la vie. (Alors que la mère est et sera toujours celle qui console)

Le père a un rôle prépondérant dans l’éducation de l’intelligence (adéquation au réel) et l’initiation au réalisme de la vie, puisque c’est lui qui a davantage le sens du réel.

La mère met au monde son enfant, et  le père le fait naître une deuxième fois. Il le remet au monde.

Dans toute la mesure du possible, que les pères cherchent à développer leurs qualités propres, sans chercher à combler les manques maternels et que les mères restent bien dans leur rôle maternel, en aidant le père à prendre sa place de père. Autrement dit, que chacun reste dans son rôle et aide son conjoint. Tout est dans la bonne harmonisation entre les qualités différentes et complémentaires de chacun des deux parents.

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