Aimer nos (petits) enfants en gestes et en paroles

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Rappelons-nous avant tout qu’un petit bébé (plus l’enfant est petit plus cette réalité est forte) ne croit que ce qu’il sent.

Quand nous lui disons notre amour, que nous nous émerveillons de lui, de ses progrès, il sent notre amour. Il se sent aimé. Mais son corps aussi a besoin de sentir notre amour. Il le sent par la façon dont nous nous occupons de lui. Par exemple en lui donnant les soins dont il a besoin, en le berçant, le câlinant, en jouant avec lui, etc.

La tendresse et l’affection de nos gestes ont une grande importance pour confirmer nos paroles d’amour.

Pour se sentir aimé et pouvoir faire confiance à l’amour il lui faut donc entendre des paroles d’amour. Il faut aussi qu’il se sente aimé à travers les gestes que son corps va sentir et enregistrer. Il aura besoin de ce précieux « bagage enregistré» pour grandir et avancer sur la longue route de la vie !

La parole dite avec amour atteint l’affectivité de l’enfant mais ne suffit donc pas à ancrer cette certitude d’être aimé. Il faut la renforcer par des sensations physiques, corporelles toutes naturelles, généralement innées chez les parents, la maman en particulier. Ce qui est enregistré est un peu comme la signature qui va authentifier l’amour que les parents expriment oralement. Ainsi, l’enfant expérimente que « oui c’est bien vrai : je suis aimé(e)». Il a besoin qu’on le lui dise et qu’on le lui fasse sentir en même temps par des gestes d’amour incarnés, plein de tendresse, comme le prendre dans ses bras, tout contre soi.

C’est un langage qui lui parle. Le peau à peau à la naissance qui est de plus en plus pratiqué, autre exemple, est très important. L’enfant le vit pleinement et cela confirme pour lui toutes les sensations d’amour qu’il a ressenties lors des 9 mois passés dans le ventre maternel. Il garde en effet après la naissance la faculté de ressentir beaucoup de choses dans son cœur.

La coutume de masser régulièrement son enfant, pratiquée dans certaines cultures, est excellente. Les massages, tout en transmettant beaucoup d’amour, permettent au bébé de prendre conscience plus facilement de son propre corps, de lui-même. C’est important pour qu’il s’individualise. Cette coutume est tout à fait à conseiller.

Peu à peu, l’enfant grandissant, ces marques d’amour incarnées sont moins fréquentes et doivent absolument évoluer. En grandissant, l’enfant garde toujours, bien sûr, le besoin de sentir physiquement la tendresse et l’affection de ses parents, mais de façon plus discrète. Sans l’étouffer ni le forcer (l’amour c’est la liberté), des gestes comme prendre un grand par l’épaule font sentir votre amour de parents. Il s’agit de trouver la juste mesure, la juste distance. Sentir ce dont l’enfant a besoin et ne pas aller au-delà. Pas de panique par exemple si votre enfant refuse de vous embrasser pour vous dire au revoir avant d’aller à l’école. Cela prouve qu’il n’en a plus besoin, mais il vous aime toujours !

Il est à remarquer que certaines similitudes existent entre le grand âge et la petite enfance. Comme le petit enfant, la personne âgée a besoin de points de repères fixes, de permanence dans ses attachements, et de présence aimante. Pour l’un et l’autre on constate qu’il leur est difficile d’accepter sereinement les imprévus, les changements, les séparations, donc la solitude. C’est pourquoi, les raisonnements et les bons conseils ne peuvent les aider, l’un comme l’autre. Tous deux, à ces étapes de la vie, ont un vrai besoin de présence aimante et de gestes d’amour remplis de respect et d’affection.

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